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La charge de la preuve revient à celui qui affirme

Je m’intéresse depuis quelques mois à l’esprit critique et aux biais cognitifs. J’ai décidé d’illustrer certains principes et citations avec des cartes réalisées à l’aquarelle.

C’est impossible de montrer que quelque chose n’existe pas. C’est donc à celui ou celle qui prétend quelque chose de le prouver et non aux autres de prouver que ce que l’affirmation n’est pas vraie.

L’appel à l’ignorance, ou argumentum ad ignorantiam, est un argument fallacieux qui consiste justement à retourner la charge de la preuve, en tenant pour vrai ce qui n’a pas été démontré faux. Par exemple, « prouve-moi que le monstre du Loch Ness n’existe pas, sinon c’est qu’il existe. ». Ou « prouvez-moi qu’une théière céleste n’orbite pas autour du soleil, sinon c’est un fait », comme le mathématicien et philosophe Bertrand Russel l’expliquait en 1952. C’est un piège classique dans lequel on peut tomber au cours d’un débat. La démarche scientifique ne permet pas d’assurer que quelque chose n’existe pas, on pourra uniquement dire qu’aucun effet n’a été détecté dans les conditions testées.

« De nombreuses personnes orthodoxes parlent comme si c’était le travail des sceptiques de réfuter les dogmes plutôt qu’à ceux qui les soutiennent de les prouver. Ceci est bien évidemment une erreur. Si je suggérais qu’entre la Terre et Mars se trouve une théière de porcelaine en orbite elliptique autour du Soleil, personne ne serait capable de prouver le contraire pour peu que j’aie pris la précaution de préciser que la théière est trop petite pour être détectée par nos plus puissants télescopes. Mais si j’affirmais que, comme ma proposition ne peut être réfutée, il n’est pas tolérable pour la raison humaine d’en douter, on me considérerait aussitôt comme un illuminé. Cependant, si l’existence de cette théière était décrite dans des livres anciens, enseignée comme une vérité sacrée tous les dimanches et inculquée aux enfants à l’école, alors toute hésitation à croire en son existence deviendrait un signe d’excentricité et vaudrait au sceptique les soins d’un psychiatre à une époque éclairée, ou de l’Inquisiteur en des temps plus anciens. »

« Is There a God? », Bertrand Russell, 1952

Illustration à l'aquarelle représentant un paresseux endormi, avec la citation "la charge de la preuve revient à celui qui affirme"

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