Illustration à l'aquarelle d'une vache

Quantité de preuves n’est pas qualité de preuves

Je m’intéresse depuis quelques mois à l’esprit critique et aux biais cognitifs. J’ai décidé d’illustrer certains principes et citations avec des cartes réalisées à l’aquarelle.

Des preuves, oui, mais lesquelles ? On considère souvent, à tort, qu’un témoignage est une preuve. Or, un témoignage ou même 100 ne valent rien en Sciences.

Cela rejoint la notion de biais de sélection : le fait qu’une conclusion soit erronée car la population étudiée ne représente pas la population générale.

Les témoignages sont généralement une sélection non représentative de résultats : seules les personnes qui ont observé une amélioration après avoir pris un traitement vont aller témoigner sur les réseaux sociaux pour conseiller ce traitement aux autres. Nous sommes toutes et tous plus enclins à raconter comment tel produit ou telle méthode nous a “sauvé” que comment telle autre n’a eu aucun effet. (Tiens, ça me rappelle le fonctionnement des publications scientifiques… mais c’est une autre histoire.) 

Les témoignages sont également soumis au biais de confirmation : si vous avez un a priori positif sur la kinésiologie, vous oublierez aussi vite que possible mon témoignage indiquant que ça n’a pas fonctionné pour moi et retiendrez fortement celui de Christine06 pour qui ça a fonctionné. De plus, ils ne permettent pas de s’assurer qu’un effet observé (une perte de poids après la prise d’un produit amincissant par exemple) est réellement dû au produit pris (plutôt qu’au fait qu’au même moment la personne a fait attention à son alimentation par exemple). 

Pour se prémunir de ces différents biais, il faut exiger des preuves plus solides : études randomisées, en double aveugle, répliquées, jusqu’aux méta-analyses qui aboutissent à un consensus scientifique. Pour cela, prévoir des années, voire des décennies. Oui, la Science, c’est lent. D’ici là, gardons nous de tomber dans le piège de la preuve anecdotique, qui est considéré comme un argument fallacieux qu’on nomme l’argumentation par l’exemple. 

Et en UX design alors, comment on fait ? Évidemment, nous n’avons pas la possibilité de mener des études randomisées en double aveugle. Et nous devons nous appuyer sur des éléments factuels pour avancer, alors comment faire ? Des biais, il y en aura forcément. Pour réduire leur effet, il faut interroger des personnes avec des profils différents et être prêts à remettre en questions nos croyances en gardant en tête que nos « preuves » sont fragiles.

NB : mon point n’est en aucun cas de prétendre qu’il est stupide de croire à des choses qui ne s’appuient pas sur des preuves solides. Chacun croit ce qui lui plaît, tant que ça lui fait du bien et que ça ne nuit pas à autrui, il n’y a rien à y redire. Mais arrêtons de penser que la vache du grand-oncle soignée après un traitement homéopathique est une preuve de l’efficacité de ce traitement (l’effet placebo fonctionne à merveille chez les animaux). 😉

Illustration à l'aquarelle d'une vache

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